

| Quel regard portez-vous sur la crise économique que traverse la France actuellement ? Il y a en fait plusieurs éléments à cette crise. Le premier est international. Le système spéculatif qui fait de l'argent sur de l'argent a atteint ses limites et la crise, partie des États-Unis, s'est répandue comme une traînée de poudre, déstabilisant l'ensemble du système financier. Le second est continental. L'Europe n'a pas su, pas voulu, construire un espace économique fort et solidaire. “La concurrence libre et non faussée”, la dérégulation, l'absence de grands projets et d'investissements en faveur de la recherche et de l'innovation nous fragilisent dans la compétition internationale. Enfin, le troisième élément est national. La baisse du pouvoir d'achat, le recul de l'intervention publique, la panne de la croissance économique sont les signes de l'entrée de notre pays dans un cycle de récession. Le Département, dans ce contexte, continue de tout mettre en oeuvre dans la mesure de ses compétences pour pallier les inégalités sociales, en particulier aujourd'hui où nous avons besoin de cohésion sociale et d'un soutien concret à la consommation. Selon vous, quel rôle le Département doit-il tenir dans ce contexte de crise ? Le rôle qu'il a toujours tenu : celui de proximité et de solidarité. Nous ne pouvons accepter une société qui ne donne pas à chacun la même chance d'accéder aux savoirs, qui abandonne les plus fragiles, en raison de leur âge, de leur handicap, ou qui laisse notre cadre de vie se dégrader. Sur toutes ces questions, le Département agit en mettant met en place des politiques publiques volontaristes et efficaces, avec pour objectifs d'améliorer le quotidien des Seinomarins et de préparer l'avenir. Il est pourtant aujourd'hui question d'une réforme des collectivités. Qu'en pensez-vous ? Je suis favorable à une réforme des collectivités. Celle-ci doit passer tout d'abord par une fiscalité plus juste et plus efficace. Ensuite par une clarification des compétences des différentes institutions, libres à elles-mêmes de travailler ensemble comme nous le faisons dans le cadre du 276. Enfin nous devons avoir une vraie réflexion au niveau de la représentativité. Songez qu'en Seine-Maritime un conseiller général, selon son canton, peut aujourd'hui représenter de 3 000 à 35 000 habitants ! |
Or, aujourd'hui la seule réforme que semble vouloir le Gouvernement consiste à faire disparaître les Départements. Nous devons être vigilants. Que faudrait-il faire à l'égard des départements selon vous ? Il faudrait avant tout leur redonner rapidement les moyens d'exercer pleinement les missions qui sont les leurs. Or c'est l'inverse qui se produit. Depuis 2004, le Gouvernement a transféré aux Départements de nombreuses compétences mais hélas sans les moyens financiers indispensables à l'exercice de celles- ci. Il en est ainsi du Revenu minimum d'insertion (RMI), du Fonds de solidarité logement (FSL), du Fonds d'aides aux Jeunes (FAJ) ou encore de la gestion des personnels de la Direction de l'équipement (DDE) ou des personnels techniciens, ouvriers et de services (TOS) des collèges. Aujourd'hui, au titre de ces transferts, l'État doit au Département plus de 150 millions d'euros ! Et chaque année, ce sont plus de 45 millions d'euros non compensés qui se rajoutent. Cela rend dans ces conditions plus difficiles pour le Département l'exercice de ses compétences. Pouvez-vous rappeler les grands axes sur lesquels se déclinent les engagements du Département de Seine- Maritime ? Nos priorités sont connues : il s'agit premièrement de l'emploi : le Département accompagne le retour à l'emploi de ceux qui sont exclus du marché du travail. Deuxièmement, la protection des Seinomarins (de la petite enfance jusqu'au grand âge). Troisièmement l'aménagement du territoire pour offrir à chacun la possibilité de bien vivre à l'endroit qu'il choisit. Quatrièmement la protection de l'environnement pour permettre à nos enfants de profiter longtemps encore de notre planète. Cinquièmement : l'épanouissement individuel et collectif par l'accès à la culture, aux sports et aux savoirs. Enfin l'innovation pour offrir aux Seinomarins des nouveaux services de qualité qui répondent à leurs attentes. Les défibrillateurs, les siège-auto, la conduite accompagnée en sont quelques exemples. Le champ est vaste et il justifie que l'on donne véritablement aux départements les moyens de leur action au service des Seinomarins. |
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