
Plasticienne et militante depuis la première heure, aujourd'hui secrétaire adjointe, Sarah Vandermeersh nous reçoit dans le très sérieux bureau de la Compagnie, ouvrant sur le port : une sorte de cabinet des curiosités avec ses œuvres d'artistes, ses clins d'œil insolites, ses ustensiles à musique échappés d'un orchestre bizarre. Elle nous explique le sens de son engagement. « Je m'intéresse aux objets inutiles, ceux qui vont à la poubelle. Je dois hériter ça de ma mère », reconnaît-elle. Ca commence par les emballages : les pots en verre, les rouleaux d'essuie-tout, « sous le faux prétexte que ça peut toujours servir ! », puis ça devient une étrange manie : ramasser les choses perdues, cassées et hors d'usage les laissés-pour-compte du quotidien, tout ce que notre société brasse dans son ventre et rejette ; avec le secret dessein de redonner à ces objets une raison d'exister. Chaque semaine, Sarah Vandermeersch anime un atelier d'expression artistique destiné aux allocataires du RMI : « le bidulisme, c'est juste un autre regard », suggère-t-elle, une philosophie qui balance entre le jeu et la dérision. Concerts, expositions, conférences diffusent inlassablement le message de l'association, au contenu universel car « tout le monde a sa petite idée du bidule ». Et pour entrer tout de suite dans le vif du sujet, chaque nouvel adhérent reçoit en arrivant son bidule à construire : trois bouts de ficelle, un trombone et un bâton de bois, du « Jamais vu à la télé ». « L'inutile étonne », dit la devise des bidulistes.
Contact : Compagnie des bidulistes, 48, quai Guy de Maupassant 76400 Fécamp. Tel. 02 35 29 83 03 ou http://bidulistes.com