
Il aura usé 29 paires de baskets pour parcourir 27 011,88 km à travers l'Europe. Après un an de course à pied le seinomarin Serge Girard est rentré le 17 octobre dernier à 11 h 06.

Record. Encore une fois, il se sera lancé un défi : battre le record de la plus longue distance parcourue en un an et sans un seul jour de repos. Pari tenu : 27 011 km soit 4 400 km de plus que le record établi par l'Indien Tirtha Kuma Phani. Un exploit ! Inouï, prodigieux ! Les mots fusent mais ne suffisent à qualifier le phénomène. Taillé à coup de serpe, ce petit bonhomme de 56 ans semble enfiler les kilomètres avec une facilité déconcertante.
À l'heure des TGV et des avions qui sillonnent le ciel, Serge Girard s'est offert le luxe de visiter ce vaste monde avec une simple paire de baskets. Direction cette fois l'Europe « un continent que je connaissais finalement assez mal ». Vingt-cinq capitales traversées, Rome, Lisbonne, Athènes, les paysages envoûtants de la Scandinavie et surtout la Pologne.
Le voilà revenu en européen convaincu. « C'est un continent d'une richesse culturelle exceptionnelle et un immense territoire de liberté ; je l'ai vécu au quotidien ». Pas de frontières, pas de formalités, juste besoin de se concentrer sur les semelles qui tapent et la douleur qui parfois tiraille. Serge Girard court. Par tous les temps il court, jusqu'à avaler son quota de kilomètres,
74 en moyenne par jour. Se tenir à son programme, rien de moins, rien de plus. Dans cette affaire bien rodée, chaque détail compte, géré au quotidien par une équipe de fidèles tout entière dévouée à sa foulée.
Passion. Entre le statut de fou furieux et celui de joggeur ordinaire, il opte sans hésitation pour le second. « Les gens me demandent toujours pourquoi je cours ! Je cours par passion, il n'y a pas d'autres explications ». Autour de lui, à chaque étape, les regards brillants d'admiration se concentrent ; adultes et enfants, lui emboîtent docilement le pas, puis, éreintés, jettent l'éponge, le laissant à ses pensées solitaires. Et Serge Girard continue, pour battre un record, il continue… courir encore courir, comme un besoin existentiel qui lui fait dire à peine arrivé : « Oui bien sûr je repartirai ». En 2012 ? Où ? « On verra. Mais je repartirai. J'ai déjà des projets ». L'Amérique, l'Australie, Paris-Tokyo. Au mur de son salon il a épinglé une grande carte du monde qu'il consulte entre deux courses. « Imaginez ! Traverser la terre à pied ! ». fInfos : www.sergegirard.com > En vidéo sur www.76info.net/sergegirard
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