


À cent six mètres au-dessus de la mer, l'endroit se mérite. Ici, le touriste n'est pas attendu. Pas de parking géant, pas de bureau d'accueil. Sauvage, isolé, le plateau du Pays de Caux se casse et disparaît dans la mer. Avec Le Tréport, Criel-sur-Mer dispute le titre des plus hautes falaises de craie d'Europe.
Nous sommes sur le Mont Joli Bois, battu par les vents, fréquenté par les marcheurs, adeptes des sports aériens, tous amoureux de la nature. De ce promontoire naturel, on lit la terre à 360° : les six hameaux de Criel, l'embouchure de l'Yères, et par beau temps la baie de Somme dans le lointain. Poétique ce Mont Joli Bois ; comme son nom. « En 1990, on a retrouvé ici un vaste cimetière mérovingien de près de cinq cents tombes », raconte Philippe Cuvelier, instituteur à Canehan, qui mit par hasard le pied sur un sarcophage lors d'une de ses promenades.
Étape incontournable du GR21 qui longe le littoral, le Mont Joli Bois est une bouffée d'air pur avant de descendre vers Crielsur- Mer, qui est devenue l'une des petites villes les plus attractives de la côte, bénéficiant des retombées du proche bassin industriel d'Eu-Le Tréport. Toute une population de cadres vient s'installer ici pour rechercher la tranquillité, « entraînant un fort rajeunissement et de nouvelles demandes d'équipements », souligne Jean Mauger, maire de Criel-sur- Mer.
Les résidences secondaires ont colonisé le plateau, flirtant imprudemment avec la mer, trop près de la falaise qui se laisse grignoter par l'érosion. Chacun s'est forgé son petit coin : les ruraux au hameau du Quesnay et de Mesnilen- Caux, les anciens Criellois au centre du bourg, les vacanciers sur la falaise et jusqu'à la valleuse de Mesnil-Val : “la perle de Criel” avec ses villas typiques de la Belle époque. Dès les premiers beaux jours, Criel-sur-Mer - qui voit alors sa population doubler - vit sa vie de station balnéaire. « Mais il manque toujours un vrai front de mer pour donner un peu de liant à ces âmes solitaires. Ici, on préfère s'évader par les chemins », souligne Freddy Courtin, vice président de l'Apecpy (Association de protection de l'environnement de Criel-sur-Mer et du pays de l'Yères) qui se bat pour préserver l'environnement de la vallée, malgré la forte pression foncière. Loin des sites prestigieux, des plaisirs sophistiqués.
Douce vallée de l'Yères
C'est une véritable coulée verte, sillonnant l'arrière pays, avec ses villages typiques et ses points de vue embrassant la campagne environnante. Pour prolonger sereinement votre séjour. Criel-sur-Mer est le débouché sur la mer d'une des dernières vallées entièrement préservées du département. Bordée par les reliquats de la forêt d'Eu, elle remonte sur une quarantaine de kilomètres, jusqu'à Aubermesnil-aux-Érables, ponctuée par d'innombrables chemins de traverse. La plus belle route à emprunter est celle qui longe la rivière par le sud. Mais on ferait mieux encore, de garer sa voiture et de continuer à pied ou à vélo. Chaque village parcouru est un îlot de sérénité. Entre les broussailles et les pâturages, l'eau se faufile indolente, franchie de temps à autre par un petit pont qui donne au promeneur l'envie de vagabonder d'une rive à l'autre. Comme toutes les rivières haut-normandes, l'Yères a accueilli sur ses bords de nombreux moulins. À cette différence près qu'ici, on peut encore en voir tourner, comme au village de Sept-Meules, au nom évocateur. À l'opposé de la vallée de la Bresle industrieuse qui la longe par le nord, les rives de l'Yères ont gardé leur caractère rural. Idéal pour se ressourcer.
POUR EN SAVOIR PLUS consulter le dépliant “Vallées de l'Yères et de la Bresle", disponible à l'office de tourisme.
