


La promenade est immédiatement dépaysante. Plus de plateaux cultivés, ni de routes taillées au cordeau. L'horizon s'est rempli de genêts, de chemins ombragés de pins maritimes, de grandes villas enfouies sous les bouquets d'hortensias. Un paysage qui fait rêver aux vacances en Écosse avec un petit air venu du bassin d'Arcachon. « C'est une curiosité géologique, très atypique dans le pays de Caux », reconnaît Aurélien Landelle, garde du littoral sur le site du Cap d'Ailly, cette sorte de gouttière formant sur 4 km un réservoir de terres acides et humides, suspendu à 35 mètres sur la falaise. « On obtient ainsi une végétation originale de pins et de bruyères », poursuit- il en spécialiste.
Jardins remarquables Le Cap d'Ailly est un promontoire boisé plongeant dans une mer émeraude, classé sur 55 ha en Espace naturel sensible de Seine-Maritime depuis 1999 (autour du phare d'Ailly). À cheval entre Sainte-Marguerite-sur-mer à l'ouest et les premières maisons de Varengeville à l'est, avec au milieu la très touristique valleuse de Vastérival, fleurie de jonquilles au printemps et conduisant à la plage du même nom. En bonne harmonie, les deux communes ont pris le parti de vivre côte à côte sans trop se fréquenter ; se partageant les résidences secondaires d'une riche clientèle parisienne, les ateliers d'artistes conquis par la douceur du lieu, jusqu'aux deux jardins les plus remarquables de la région offrant au rythme des saisons leur sublime répertoire végétal à quelques kilomètres l'un de l'autre et ce, long cordon de galets qui entoure la falaise, piqué de gros rochers enkystés dans le sable, curiosité locale et véritable aubaine pour les pêcheurs à pied.
Art de vivre Il y a quelque chose de très soigné ici, comme un art de vivre qui traverse le paysage - petites églises romanes baignées d'une lumière rouge ou bleutée, belles demeures, château et colombier, aménagements balnéaires jusque dans les recoins les plus sauvages. La côte est pleine de ces endroits où l'on aime s'isoler, profiter de l'hospitalité d'un banc pour traîner face à la mer, l'oeil fixé sur une minuscule voile blanche qui passait juste dans le lointain, on y goûte au plaisir de s'évader par un de ces nombreux sentiers qui quadrillent le secteur en mesurant à quel point la nature est ici passionnante. Entre les mares visitées par les grenouilles et les tritons et quelques beaux échantillons de botanique, comme la droséra à feuilles rondes, plante carnivore désormais protégée, l'ajonc de Le Gall ou le genêt d'Angleterre. En donnant un peu de profondeur à son regard, ce cap recèle décidément bien des trésors à savourer.
Un phare dans l'Ailly
Du haut de ses 91 marches, le spectacle est saisissant. Sur les anciens pâturages du cap d'Ailly, le vent a semé une vaste pinède. Seul phare du secteur de Dieppe, le phare du cap d'Ailly fonctionne toujours avec une portée de 80 km par temps clair pour guider les nombreux navires qui passent au large. Il s'agit en réalité du troisième phare de ce nom. Le premier (tombé à la mer dans les années 60) datait de la fin du XVIIIe siècle et cessa de fonctionner lorsqu'en 1 900 fut construit le deuxième phare ; phare qui, détruit en 1944 par les Allemands, fut à son tour remplacé par celui que l'on connaît aujourd'hui, mis en service en 1958 et automatisé depuis la fin des années 90. Désormais les gardiens qui lui sont attachés s'occupent essentiellement de la maintenance et proposent parallèlement des visites au public. Avec à la clé, un petit commentaire historique qui vous expliquera tout sur la lentille de Fresnel et le droit de goûter à l'un des plus beaux panoramas de la côte, du Tréport à Saint-Valery-en-Caux. Pour les visites du phare : 02 35 85 11 19 de 10 h à 12 h et de 14 h à 16 h 30.
POUR EN SAVOIR PLUS Mairie de Sainte-Marguerite-sur-mer 2200 route de la mer 76119 Sainte-Marguerite-sur-mer Tél. : 02 35 85 12 34. Pour les visites du site du cap d'Ailly contacter Aurélien Landelle Tél. : 06 82 41 25 52.

À Sainte-Marguerite-sur-mer : l'église romane et ses vitraux de Max Ingrand ; Le Vasterival, splendide jardin créé en 1957 par la princesse Sturdza.
Route du phare d'Ailly
Tél. : 02 35 85 12 05.
À Varengeville : le parc du Bois des Moutiers et ses magnifiques rhododendrons.
Route de l'église.
Tél. : 02 35 85 10 02.
La collection nationale Shamrock d'hydrangeas.
Route du manoir d'Ango.
Tél. : 02 35 04 02 33.
L'église Saint-Valery et son cimetière marin avec la tombe de Georges Braque.