Après le tournant de la mairie, un escalier grimpe vers les hauteurs, débouche sur une sente bordée de jardins proprets et de lanternes forgées à l'ancienne. C'est là-haut qu'il faudra monter pour voir passer les bateaux à la prochaine Armada ; au-dessus des toits rouges, loin du frétillant chahut des quais. “Prenons de la hauteur”, c'est le nouveau slogan touristique d'une ville qui ne vit pas qu'au ras de l'eau. À l'ouest, il y a le sentier de la Gribane qui file vers le mont Calidu – ancien site de la tribu celte des Calètes – traverse la forêt jusqu'à la jolie chapelle de marins de la Barre-y-Va envahie d'ex-voto. À l'est, c'est le nouveau belvédère aménagé sur la corniche de Rétival, qui offre au visiteur table de pique-nique, table d'interprétation et vue imprenable sur la Seine, son méandre et la courbe aérienne du pont de Brotonne.
Cité florissante
Jusqu'à la Révolution, Caudebec-en-Caux était la capitale du pays de Caux avant de céder la place à sa voisine Yvetot. Une cité florissante dès le Moyen-âge, réputée, jusqu'à la cour du roi pour avoir lancé la mode du chapeau de feutre noir, le fameux “caudebec”, résistant à la pluie. La ville a vite tiré sa prospérité de la proximité de la Seine qui facilite le trafic des marchandises. L'ancien village de pêcheurs est devenu port d'escale avec ses quais de déchargement où stationnaient les anciennes gribanes, ancêtres de la péniche ; toute une histoire racontée dans le musée de la marine de Seine. Attirée par le fleuve, elle aussi, l'entreprise Latham de construction d'hydravions destinés à la marine nationale s'est installée ici en 1916. À l'entrée de la ville, un monumental hydravion coincé dans la falaise laisse le visiteur perplexe. Cette sculpture a été érigée en souvenir de l'équipage du Latham n°47 parti sauver les survivants d'une expédition polaire. Latham est un nom qui est resté gravé dans la mémoire des Caudebecquais, perpétué par l'entreprise Revima de maintenance aéronautique qui occupe désormais son site.
Zone humideStation verte de vacances, Caudebec donne aujourd'hui l'image d'une petite ville aspirant à la sérénité.
Les rues sont taillées à la mesure des piétons, le centre-ville toujours animé. Au nord, un nouveau quartier est en cours d'aménagement pour accueillir les familles, au pied d'une zone humide habitée par les oiseaux et des chevaux camarguais : la campagne à la ville avec un petit air de vacances quand on se promène du côté du quai, en cours de réfection. Le terrain de boule, les balançoires et les jeux d'enfants, les bancs rivetés aux grandes pelouses et les saules majestueux, les bateaux amarrés. Bientôt, on verra passer aussi les cyclistes lancés sur la nouvelle véloroute du val de Seine ; «Faites-vous plaisir… », voudra-t-on leur crier « mais n'oubliez pas de vous arrêter ! »