


Pas de statues, ni de plaque souvenir vissée en façade. Tout simplement, le nom d'une rue évoque ici le nom de JacquesÉmile Blanche et une grande toile du peintre commémorant la guerre de 1914-18 tapisse un mur sombre de l'église. Historienne de formation, Mireille Bialek n'a pas ménagé sa peine pour continuer à faire vivre la mémoire du peintre. Il y a dix ans, elle entreprenait de réunir la vingtaine de toiles léguées par l'artiste dans un musée municipal installé au coeur du parc William Farcy, à l'étage d'une ancienne charreterie. Dans une ambiance d'atelier, la collection offre depuis un bel aperçu de l'oeuvre. « Né en 1861 à Paris, JacquesÉmile Blanche aura tout de même passé plus de la moitié de sa vie à Offranville, depuis son arrivée en 1902 jusqu'à sa mort en 1942 ! », souligne Mireille Bialek désormais responsable du musée. « Originaire de Basse-Normandie, JacquesÉmile Blanche est d'abord venu, comme beaucoup de ses contemporains en villégiature à Dieppe », poursuit l'historienne, auteure d'un ouvrage sur le peintre*. Sa famille s'y installe alors dans une belle maison en bordure de mer le Bas Fort Blanc au pied du vieux château avant de se déplacer vers l'intérieur des terres moins exposées au vent en louant le Manoir du Tot à Offranville où il aménage son atelier.
Le génie des portraits Jacques-Émile Blanche n'a pas été un grand novateur, mais il avait le génie des portraits ; des visages saisis dans l'instant, une touche franche et son art de capter l'essentiel. André Gide, Jean Cocteau, Maurice Denis, François Mauriac, tout ce que Paris compte alors de célébrités littéraires ou artistiques finira par passer au manoir d'Offranville. Disparu en pleine tourmente de la guerre, il laissera le souvenir d'un personnage brillant, inlassablement curieux, mais aussi quelques lieux autrefois familiers : le manoir qu'il a longtemps habité, l'église et la petite maison de la rue de la gare où il pensait finir ses jours.
3500 habitants En quinze ans, la population est passée de 2 100 à plus de 3 500 habitants mais l'intégration des nouveaux venus s'est faite presque naturellement, tout en favorisant le dynamisme local : « il y a tout ce qu'il faut ici, les commerces, les services et les emplois générés par l'importante zone d'activités du Douxmesnil », précise Jean Dasnias, Conseiller général et Maire d'Offranville. De plus la commune a toujours soigné un patrimoine, qui devient désormais un véritable atout pour l'image de la commune et le tourisme : son église et son if millénaire, ses neufs colombiers, dont quelques-uns de très remarquables, son parc floral et son jardin de roses anciennes, son musée enfin et le souvenir d'un grand peintre, Jacques-Émile Blanche. *Jacques-Émile Blanche à Offranville de Mireille Bialek. En vente au musée.
Mauvais tour
Certaines églises de villages ont des clochers tors –entendez tordus ou vrillés – sorte de prouesse technique de maîtres charpentier, désireux de montrer leur savoir-faire. À Offranville, on raconte que ce serait le coq qui en se penchant pour admirer une mariée sortant de l'église, aurait fait tourner la tête de l'édifice : une légende bien sûr… La véritable explication est beaucoup plus terre à terre puisqu'il s'agirait cette fois plutôt d'une erreur du charpentier qui aurait oublié de poser les jambes de force, croix rigides placées à la base de la structure pour la maintenir en place. Avec les années, la charpente du clocher aurait donc fini par se déformer improvisant une sympathique fantaisie mais fragilisant considérablement la toiture. En 1961, on décida donc de poser des jambes de force métalliques à sa base pour stopper l'évolution et depuis le clocher reste figé dans son audacieux mouvement, faisant la fierté des habitants pas si mécontents que le temps leur ait joué ce mauvais tour.
POUR EN SAVOIR PLUS association des clochers tors d'Europe www.clocherstors.org POUR EN SAVOIR PLUS Mairie d'Offranville Rue Jehan Veron 76550 Offranville. Tél. : 02 35 85 40 42
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à découvrir :
Villequier |

Le musée Jacques-Emile Blanche : Maison du Parc, ouvert tous les jours sur rendez-vous : 02 35 85 40 42 et de Pâques à fin septembre les dimanches et jours fériés de 14 h 30 à 18 h.
Parcours de 9 colombiers, dont celui du parc floral, centre d'exposition temporaire. Les autres sont privés et l'un d'entre-eux a été transformé en chambres d'hôtes. Rens. 06 30 92 63 22. Le parc floral William Farcy, dans le parc du Colombier, avec sa collection de roses anciennes.