


Ce n'est pas vraiment le Vexin, ni le pays de Caux, pas tout à fait la plaine de Rouen, ni le pays de Bray ». Pour Daniel Lainé, vice-président de l'Office de tourisme des trois vallées, le pays de Ry est un pays à part. Taillé dans la douceur d'une terre vallonnée, grimpant vers l'horizon aplani par les labours, avec en toile de fond, l'écran vert de la forêt de Lyons. C'est là tout son charme. Un paysage varié, une sorte de pays hybride, imprévisible, captant le regard dès qu'un rayon de lumière illumine un carré de pâturage. Pour le coup, on ne regrettera pas d'avoir faussé compagnie à la bruyante Nationale 31.
Au carrefour de trois vallées - le Crevon, l'Héronchelles et l'Andelle - le bourg de Ry surgit, au creux de sa cuvette, comme une divine surprise. Autour de son unique rue, s'étirant, toute droite jusqu'à la sortie du village, bordée d'anciennes demeures, Ry est réputé pour son animation et le dynamisme de ses commerces : bouchers, charcutiers, boulangers, cafetiers jusqu'au droguiste, au barbier ou au magasin de nouveautés que la grande surface n'a pas réussi à chasser. Coeur névralgique de cette campagne, point de ravitaillement ou lieu de rencontres, Ry continue à distiller son petit charme provincial plusieurs kilomètres à la ronde. Autrefois, on y descendait en carriole, aujourd'hui c'est en voiture ; de préférence le samedi matin, jour de marché. « Ry a longtemps eu l'image d'un bourg de notabilités », souligne Ginette Cousin qui tient une chambre d'hôte à Auzouville-sur-Ry. Mais depuis quelques années, la population a changé. Beaucoup de jeunes viennent s'installer, attirés par le charme du village, la beauté de la campagne et la proximité des services, le tout à quelques kilomètres de Rouen.
Le village s'étend : vers Saint- Denis-le-Thibout, une vingtaine de maisons sont en train de sortir de terre. Mais c'est toujours dans la grand'rue qu'anciens et nouveaux Ryais ont appris à vivre ensemble. Chaque matinée prend des allures de grand remue-ménage, les enfants se pressent vers l'école, les voisins s'apostrophent, les portières de voiture claquent. Puis tout se vide comme un théâtre au soir d'une représentation, plongé dans un demi-sommeil jusqu'à la prochaine heure de pointe. Et le village reprend ses airs de bourg paisible. Autour de son clocher d'ardoise, ses vitrines pimpantes, ses façades à colombages, ouvrant sur la verte campagne, un village tout entier lâché dans la nature.
Le Ry de Bovary
Une petite halte au café Le Flaubert, une emplette au ”Marché d'Emma”, une pause midi au restaurant ”Le Bovary” et peut-être pour digérer, on s'en ira flâner sur les hauteurs par le chemin du péché, jusqu'à la ”Huchette”. Tout ici parle de Flaubert et de son célèbre roman, Madame Bovary. Inspiré d'un fait divers qui avait secoué à l'époque le petit bourg : les amours malheureuses et le suicide tragique de Delphine Delamare, alias Emma Bovary. Pour Michel Burgaud, horloger à Ry, le rapprochement entre Ry et le ”Yonville l'Abbaye” du roman ”avec sa rue, longue d'une portée de fusil et bordée de quelques boutiques” ne fait aucun doute. Passionné de mécanique, il a constitué il y a une trentaine d'années une collection de plusieurs centaines d'automates dont près de trois cents, consacrés à l'histoire de Madame Bovary, exposés dans son musée d'automates (Galerie Bovary). Et depuis, on ne parle plus que de Madame Bovary dans le village qui invite chaque visiteur, dès la belle saison, à accomplir son pèlerinage littéraire : ici, l'étude de Maître Guillaumin, lit-on sur la devanture du marchand de chaussures, là l'officine de Monsieur Homais, précise-t-on au magasin Emma. Jusqu'au ”circuit Bovary”, proposé par le syndicat d'initiative. Bon prétexte pour une petite échappée campagnarde…
POUR EN SAVOIR PLUS Office de tourisme des trois vallées Maison de l'Abreuvoir 76 116 RY - Tel 02 35 23 19 90 e-mail : sitroisvallees@wanadoo.fr - www.ot-ry-troisvallees.com

La Galerie Bovary Musée d'automates : dans un ancien pressoir XVIIIe, collection de cinq cents automates, dont trois cents représentent les principales scènes du roman de Flaubert Madame Bovary. Place Gustave Flaubert.
Tél. : 02 35 23 61 44. Ouvert du 1er mai à fin octobre.
À Ry : l'église Saint-Sulpice (XIIe-XIXe) et son porche en bois sculpté Renaissance, classé monument historique. Au pied du porche, la stèle de Delphine et Eugène Delamare.
Autour de Ry À Martainville-Epreville : le château de Martainville. Cet imposant château fin XVe abrite le musée départemental des Traditions et Arts Normands. Belle collection d'armoires et de costumes normands.
Tél. : 02 35 23 44 70.
À Blainville-Crevon : la collégiale Saint-Michel et les ruines de l'ancien château médiéval qui accueillent chaque été le festival ”Archéo-jazz”.
À Auzouville-sur-Ry : le jardin plume. Sur un dessin classique, ce jardin - léger comme une plume - fait la part belle aux graminées. Ouvert de juin à octobre. Pépinière, de mars à octobre. Hameau du Thil.
Tél. : 02 35 23 00 01
ou www.chez.com/plumes