En 1715, Colinet, premier jardinier d'André Le Nôtre, imagine les dessins du parc du château à la demande du Duc et de la Duchesse de Bosmelet. Trois siècles et demi plus tard, Louis Benech, paysagiste en vogue qui participe notamment à la rénovation du jardin des Tuileries, répond aux interrogations des actuels propriétaires, Robert et Laurence de Bosmelet, concernant le réaménagement du parc. Aujourd'hui, les grandes lignes dessinées au XVIIIe siècle subsistent. Autour du château de style Louis XIII en brique et pierre, la promenade s'effectue au gré de 4 hectares de parc. Classés comme “arbres remarquables”, 165 tilleuls tricentenaires de près de 40 mètres forment une avenue qui s'étend sur plus de 2 km. « À l'époque, les charmes ou les tilleuls étaient plantés pour faire des haies et par conséquent régulièrement taillés. Je me plais à penser qu'ils sont devenus des arbres de haut jet à l'époque de la Révolution », souligne Robert de Bosmelet.
Un potager multicolore Enclos de murs en briques du XVIIIe siècle, le potager est une autre curiosité. Plus de 900 variétés de fruits, de légumes et de fleurs le composent sur près d'un hectare. Au fil des saisons, les 1 200 plantes vivaces des mixed borders (plantations de vivaces variées) donnent le ton. « Sans préjugés de jardinier », les légumes et les fleurs ont été agencés en un camaïeu de quatre carrés de couleur : ambre, saphir, ivoire et grenat. Des mixed borders contiennent, par ailleurs, plus de 1 000 plantes vivaces qui assurent une floraison au fil des saisons. « Quand un jardin est ouvert au public, il faut lui trouver un centre d'intérêt. Le mois d'août n'étant pas très prospère, nous avons cherché à combler ce vide », poursuit Robert de Bosmelet. « Nous avons ainsi trouvé amusant l'idée de créer un potager asiatique. » Une quinzaine de variétés de choux, d'oignons, de radis et de shiso utilisés dans la cuisine asiatique s'épanouissent à la fin de l'été. De retour dans le parc, l'histoire fait place à la poésie. Si le château de Bosmelet fut en partie détruit durant la seconde guerre mondiale par les bombardements anglais, il a conservé quelques vestiges inattendus de l'occupation allemande : une rampe de lancement de V1 et des blokhaus.