Dominant la falaise et la ville, le château de Dieppe impose d'emblée sa silhouette massive. Un grand navire de pierre, un vrai château fort, puisé directement à la source de l'imaginaire d'un petit garçon. Encore aujourd'hui le patriarche n'en finit pas de dévoiler les secrets de sa construction et de ses remaniements successifs. Édifié au XVe, le quadrilatère en grès et silex, flanqué de ses quatre tours possède une grande partie de ses défenses tournées vers l'envahisseur anglais. La citadelle devient au XVIe une image idéale de la puissance maritime de la ville qui atteint alors son apogée sous François Ier. Figure de la cité, l'armateur Jean Ango porte les rêves de conquêtes et de découvertes de toute une population en envoyant ses bateaux à Sumatra, au Brésil et dans la baie de New-York.
Changements d'identités Au XVIIe, les aménagements de la cour intérieure s'orientent vers un peu plus de confort pour les appartements des hôtes de marque et le pan de bois prend le pas sur la pierre. L'édifice gagne de l'envergure et la brique tranche avec le gris du grès. Les murailles s'étendent vers la ville, objet de toutes les surveillances elle-aussi. Finalement, la citadelle gardera sa dimension militaire jusqu'en 1944 avec le départ tonitruant des Allemands qui font sauter le dépôt de munitions dans la Tour Saint-Rémy. Château unique en son genre sur l'ensemble du littoral seinomarin et jusqu'à Saint-Malo, le musée ouvre une nouvelle ère de reconnaissance pour la forteresse maritime. Logiquement, la mer est omniprésente avec de nombreuses maquettes de bateaux du XVIIIe au XXe siècle, des souvenirs de navigateurs dieppois, des peintures et du mobilier. Clou des collections, les ivoires débarqués des côtes d'Afrique et sculptés pour la plupart à Dieppe entre le XVIIe et le XXe siècle… 1 200 pièces parmi les plus belles au monde.