Il est bien loin le temps où le marquis conversait sans soucis matériels avec les seigneurs voisins. Aujourd'hui, il charrie des brouettes de béton et escalade les échafaudages qui recouvrent la façade de sa demeure. Si les habitudes ont donc changé, la grande histoire forme le lien de ces petites histoires. « Plus nos visiteurs sont cultivés, plus ils aiment Filières », souligne la marquise Marie-Louise de Persan. Il est vrai que son histoire est d'autant plus riche que le château n'a jamais été vendu et est toujours resté dans la famille.
Maison forte Tout commence au XVe siècle. Jehan de Filières s'y installe et y fait construire une maison forte entourée de douves. Un siècle plus tard, ses descendants remplacent la demeure médiévale par un château de style Henri IV. Au XVIIIe siècle, le marquis de Mirville entreprend de remplacer ce logis par un autre plus important et fait reconstruire un château en pierres blanches de Caen. En 1789, la Révolution Française interrompt les travaux de telle sorte qu'aujourd'hui, l'édifice se compose de façon inattendue de deux châteaux juxtaposés : l'un Renaissance et l'autre de style Louis XVI, le tout toujours entouré des fondations du XVe et des douves.
D'illustres habitants À l'intérieur du château, la remontée dans le temps se poursuit à travers un ensemble d'objets et de mobiliers d'une rare qualité. Ouverts à la visite, la bibliothèque, le grand salon, la salle à manger, l'antichambre et le salon chinois, qui a été classé, révèlent tour à tour mille et un trésors. Les portraits de famille rappellent enfin le nom de ses illustres habitants parmi lesquels Jules, marquis de Mirville dont les travaux sur le spiritisme ont été publiés au XIXe et oncle d'un certain Pierre de Coubertin, Jacques, marquis de Lauriston, secrétaire d'État et maréchal de France ou encore Antoine Hocquart de Turtot, grand-oncle de l'actuel propriétaire, directeur des champs de courses de Deauville et qui créa le PMU en 1931.