C'est un vélo qui traîne contre un vieux mur fleuri de clématites, une jeune femme flânant dans le potager, quelques bouquets de fleurs fraîches sur des manteaux de cheminée, quelques photos de mariage accrochées dans le hall et les meubles hérités des grands-parents. En plus d'être un beau château, Miromesnil a ce petit charme des châteaux de famille. L'odeur du bois vieilli et la chaleur rassurante des lourdes tentures, les cousins qui débarquent le dimanche et les grandes tablées. Descendante des Vogüé, propriétaires du château depuis 1938, Nathalie Romatet a conscience d'être dépositaire d'un patrimoine unique. « L'une des curiosités ici ce sont les deux façades, d'architecture radicalement opposée, au point qu'on croirait deux châteaux différents ! » Mais l'agrément de Miromesnil réside surtout dans « son environnement exceptionnel » : 150 hectares de hêtres centenaires et de prairies, nourrit la sensation délicieuse de flirter avec le bout du monde.
Les souvenirs de Maupassant
Miromesnil est associé au nom de Maupassant comme en témoigne l'imposant buste de l'écrivain qui trône à l'entrée. Pour autant, ce dernier n'y aura passé que les trois premières années de sa vie, n'y laissant qu'un acte de naissance, un autre d'ondoiement et l'écho de quelques notes montant du petit salon où Laure de Maupassant aimait jouer du piano à son fils. Aujourd'hui, Miromesnil est devenu une vaste entreprise familiale où chacun prend sa part de travail pour promener les visiteurs, donner un coup de main aux jardiniers qui entretiennent le potager, préparer les chambres d'hôtes… Depuis peu, des ateliers culinaires sont aussi proposés au public : « On s'inscrit à l'avance et l'on passe un après-midi de convivialité à mitonner dans les casseroles de la famille, les petites trouvailles ramassées dans le potager », explique Nathalie Romatet qui, depuis deux ans qu'elle a repris le château, se bat sur tous les fronts pour que Miromesnil reste avant tout « un lieu toujours vivant ».