Quel point commun peut-il bien y avoir entre un “regret de singe”, une colonne de blasons et un tube de dentifrice américain de 1944 ? A priori, le lien paraît peu évident mais tous ces éléments font partie des curiosités du château du Taillis à Duclair. Le premier a trouvé sa place au sein du parc à l'anglaise de 5 hectares et justifie son étrange appellation par le fait qu'il est pourvu de feuilles piquantes empêchant les singes de grimper le long du tronc et des branches. La deuxième rappelle le passage des diverses générations de la famille du Fay qui firent construire le château au début du XVIe siècle et qui en restèrent propriétaires jusqu'en 1807. Le troisième fait partie d'une collection impressionnante d'objets et de documents réunis autour de la fin de la bataille de Normandie, sur les rives de la Seine, en août 1944.
Et ce ne sont là que quelques amuses-gueules… Le corps central du château, de style seconde Renaissance italienne, flanqué de ses deux pavillons XVIIe et de ses ailes XVIIIe, abrite de nombreux autres trésors.
Caverne d'ali-baba Imaginez un peu, à l'abri d'une ancienne chapelle, une salle de théâtre encadrée de colonnes en bois où l'on fit jouer des pièces de Molière, Corneille, Racine ou Marivaux. À côté, un salon chinois, très à la mode dans la seconde moitié du XVIIIe, avec de multiples reproductions de scènes de vie sur fond de rizières. Un petit détour dans le parc où trônent quantité d'arbres remarquables tels que le séquoia géant, un hêtre pourpre, un tulipier de Virginie, un Cèdre de l'Atlas. Et dissimulé derrière la végétation, une “folie” : c'est ainsi que l'on nommait cette Orangerie tout à fait étonnante par ses allures de temple grécoromain. La folie, c'est aussi un des traits de caractère de la famille Navarro, propriétaire des lieux depuis 1998 et qui investit toute sa passion pour faire parler les pierres, pousser les arbres et revivre les événements d'août 44 en bordure de Seine. Magique !