


L'histoire de la vallée
Qualifiée de « petite vallée de Manchester » au 19ème siècle, la vallée du Cailly connut un essor économique prodigieux avec l'expansion de l'industrie cotonnière. A partir de 1701, la demande de cotonnades devint si intense que les marchands et fabricants rouennais organisèrent la production en zone rurale en ayant recours à la main d'œuvre campagnarde.
Le nombre de travailleurs ruraux vivant aussi du filage, de l'ourdissage et du tissage des cotonnades passa de 20000 en 1730 à 100000 à la fin du 18ème. Les « siamoises du Pays de Caux » (étoffes tissées à trame de coton renforcée de lin ou de soie) puis les « indienneries » (tissus imprimés) firent le succès de la production régionale.
A la fin du 18ème siècle, lorsque les machines anglaises (mécaniques à eau) font leur apparition, la vallée du Cailly constitue un site propice au développement de filatures hydrauliques à l'emplacement de moulins anciennement utilisés pour le papier ou le grain. Entre 1815 et 1820, quinze nouvelles filatures hydrauliques sont édifiées sur les rives du Cailly. En 1838, cinquante-cinq filatures jalonnent un parcours de 44km. Le département de Seine-Inférieure se positionne alors en tête des départements cotonniers (filature et tissage).
Mais durant la seconde moitié du 19ème siècle, les problèmes d'approvisionnement en matière première, conjugués à la modernisation coûteuse de la mécanisation, obligent de nombreuses filatures à cesser leur activité. Cependant le tissage, mécanisé plus tardivement, est en pleine prospérité. Finalement la perte des colonies françaises (notamment l'Algérie) est fatale à l'industrie haut-normande, qui ne peut concurrencer la production des pays où la main d'œuvre est peu coûteuse. L'ère du coton s'achève définitivement à partir de 1950. Les bâtiments des anciennes filatures et ateliers textiles sont reconvertis.
La Corderie Vallois
Créée en 1822 à l'emplacement d'un ancien moulin à papier datant du 16ème siècle, la Corderie Vallois est elle-même un bel exemple de réutilisation d'un site (hydraulique). Achetée en 1819 par Charles-Désiré Fouquet (teinturier blanchisseur à Bapeaume) la propriété est rapidement gérée par sa veuve Marie-Rose Fouquet-Cuit, qui entreprend de convertir le moulin en filature de coton. Les structures hydrauliques du moulin sont modifiées : la roue initiale est remplacée par une roue géante d'un diamètre de 7,30m et d'une largeur de 3,88m. Un bâtiment à pans de bois de quatre niveaux est édifié en 1821 pour accueillir la filature.
En 1865 le travail du coton est remplacé par celui de la laine. Locataire des lieux en 1880, le cordier Jules Vallois en devient propriétaire en 1897. Il remplace la filature par une corderie mécanique sans modifier le bâtiment. D'imposantes machines anglaises sont implantées en complément des petites unités françaises, permettant la confection de trois types de produits : des moulinés par torsions de fils assemblés, des câbles par torsion de fils moulinés (câblés fins) ou de torons (gros câblés), des tresses par entrelacement de fils simples ou assemblés.
Ces produits sont utilisés dans la fabrication de différents articles : filets de pêche, mèches à briquet, gainage électrique, bonneterie… L'entreprise ferme définitivement en 1978. Les bâtiments de la corderie et le système hydraulique avec la roue à aube sont aujourd'hui exceptionnellement conservés. Les machines ont été rénovées et font la démonstration de leurs fonctions pour le plus grand plaisir des visiteurs.
Programme:
"Quand les toiles racontent leur histoire, l'alchimie d'une toile imprimée en Normandie au 19e siècle"
Exposition jusqu'au 7 janvier 2008
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à découvrir :
le Musée des Antiquités |
