


Jardins subtils, mélanges intimes, élégance des parterres géométriques : rien de tel que la nature pour créer des ambiances. Entre l'imposant jardin à la française et le foisonnement romantique des parcs à l'anglaise, se glisse toute la gamme des architectures végétales : roseraies luxuriantes, potagers d'ornement, rocailles arides, jardins exotiques, carrés de plantes aromatiques… Une palette d'expériences pour celui qui aime se frotter aux plaisirs de la botanique.
Passion- née de jardins, Françoise Boisson a créé il y a quinze ans le jardin du Thuit-Saint-Jean à Saint-Jean-du-Cardonnay, abritant une des plus importantes collections d'hydrangeas. Elle constate : « Nous avons un bon climat, la proximité de l'Angleterre et surtout deux jardins magnifiques qui ont servi de moteur ». C'est le Vasterival à Sainte- Marguerite-sur-Mer, enrichi depuis quarante ans par la Princesse Sturdza et le Parc du Bois des Moutiers à Varengeville-sur-Mer, avec ses effluves paradisiaques et ses rhododendrons centenaires. Mais « il n'y a pas que les grands parcs. Chacun peut créer sa petite parcelle autour de soi. C'est une histoire de passion », poursuit-elle.
Voyage dans la nature
À Grigneuseville par exemple, les jardins d'Agapanthe travaillent sur l'éveil des sens. À Auffay, le potager du château de Bosmelet décline dans ses allées de fleurs et de légumes toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Au Mesnil-Durdent, le jardin des Amouhoques raconte la flore sauvage…
Depuis une quinzaine d'années, l'engouement pour les jardins ne s'est pas démenti et invite le public à mieux comprendre les ressorts de son environnement. Mais chemin faisant, la vocation scientifique se mêle à l'évocation esthétique : un jardin se décortique autant qu'il se respire. C'est un voyage dans la nature, un délicieux moment passé à rêvasser et si on s'écoutait, on finirait même par y prendre racine.
POUR EN SAVOIR PLUS Le Guide des Parcs et Jardins de Haute-Normandie contenant la liste de tous les jardins ouverts dans le département, est disponible auprès du Comité Départemental du Tourisme de Seine-Maritime.

Une note de parfum légèrement mentholée, une oeuvre d'art qui vous questionne, le frémissement d'un carillon perdu dans un feuillage ou peut-être encore un air de flûte qui déambule au milieu des chants d'oiseaux : voilà quelques rencontres à faire dans ce jardin un brin fantasque. Issus du monde de l'art et de l'audiovisuel, Cécile Maitrot et Stanislas Noël ont ouvert les lieux en 1995 “pour le centenaire de l'invention du cinéma”, plaisantent-ils et l'ont baptisé tout naturellement “Jardin d'art et d'essais”. « Nous avons composé ce jardin comme une histoire », affirme le couple en coeur. Laissant chaque plante choisir elle-même son lieu de vie. « C'est ainsi que nous avons développé notrecollection de bambous (environ 130 espèces). Sur ce terrain très humide, le bambou fixe le sol et pompe l'eau ».
Pour autant, le visiteur ne trouvera ici aucun plan, aucune glose botanique. C'est un jardin de secrets, fluide, baigné d'impressions fugitives. On ne le visite pas. On s'y installe, sur un banc, pour lire, rêver, dialoguer ou peut-être méditer sur la devise du lieu : « changeons notre perception du monde et notre monde changera… ».
Jardin d'art et d'essais 76640 Normanville (D4). Tél. : 02 35 29 62 39 ou aisthesie.free.fr. Ouvert en juillet-août, tous les jours sauf mercredi, de 14 h 30 à la tombée de la nuit. Le jardin organise également des stages pour découvrir l'art des plantes.

Ils avaient le projet de vivre à la campagne, retaper une maison avant de s'attaquer au jardin. « Et puis, la passion est venue… ». Marie-Christine et Jean Le Bret s'investissent au point de quitter chacun leur métier, faisant du clos du Coudray — ancien clos masure — l'un des plus beaux jardins de Seine-Maritime. Après avoir mis tout leur coeur dans ce projet, ils n'ont aujourd'hui plus qu'une envie : partager leur enthousiasme. « Nous avons construit le jardin comme une maison, avec plusieurs petites pièces, de façon à créer toujours la surprise. » Ici, le jardin exotique avec ses majestueux Gunnera et ses fougères arborescentes. Là, la rocaille alpine avec son feuillage rare et ses fleurs minuscules aux coloris intenses.
Ailleurs, le jardin de la source, s'égayant vers les berges d'un filet d'eau dormante. Plus loin encore, une collection de près de 200 espèces d'epimediums, plus joliment appelé ”Le jardin des elfes” pour la légèreté de leur feuillage et de leur floraison printanière. « Nous souhaitions aussi donner aux gens l'envie de cultiver autre chose que des parterres de rosiers, des haies de thuya ou de laurier. »
Dans chaque petit jardin, le visiteur glane des idées, capte des ambiances, apprend aussi grâce à des panneaux, comment cultiver dans le respect de l'équilibre de la nature. « La variété, c'est là tout le secret », plaide convaincue Marie-Christine Le Bret. « Chaque plante a quelque chose de particulier à nous dire ».
Le Clos du Coudray 14, rue du Parc Floral - 76850 Etaimpuis (E8). Tél. : 02 35 34 96 85 ou leclosducoudray.com. Ouvert tous les jours en juillet et août, de 10 h à 19 h.
