En 35 titres, il a résumé son palmarès sur carte postale : 12 fois champion de Normandie, 4 fois champion de France, 3 fois champion du monde, etc. Depuis son enfance, Mickaël Deldycke a le sang sportif, l'esprit de compétition, la hargne de se battre. Il aurait pu faire du foot comme la plupart de ses petits camarades ou de l'équitation comme son frère et son père ; mais non : « j'ai tout de suite adoré le bicross », grimper les talus de la ferme familiale, imprimer ses premiers dérapages dans la terre épaisse, inventer des circuits inédits. « Bicross ou BMX, au choix, que l'on opte pour l'appellation française ou anglo-saxonne, c'est la même chose », précise-t-il. À 9 ans, il s'inscrit pour la première fois dans un club et dès la première année devient champion de Normandie dans sa catégorie. « Mon père m'avait promis un beau vélo si je décrochais ce titre », se souvient-il.
Spécialiste du “four Cross”Encouragé dans son élan, il brûle alors les étapes, bondit en droite ligne vers la consécration, s'impose champion du monde à 13 ans. « C'est un rêve qui se réalise », admet Mickaël Deldycke « mais ce qui comptait alors pour moi, c'était surtout de faire du vélo ». À peine le temps de souffler, et déjà remis en selle pour parcourir le monde, enchaînant les compétitions ; il aurait sans doute continué ainsi si un ami ne lui avait fait découvrir entre-temps le VTT : « j'ai tout de suite accroché », reconnaît le sportif qui se spécialise dans la descente et le “four cross”, course chronométrée à 4 ; « J'aime travailler dans l'intensif plutôt que dans l'endurance » ; dans cette discipline où l'on rencontre plutôt des montagnards Mickaël Deldycke fait figure d'outsider, « c'est vrai, les pistes pour s'entraîner ici manquent un peu, le VTT, à la différence du BMX ne se pratiquant qu'en terrain naturel ». Un handicap qui ne l'empêche pas de s'illustrer avec succès ; au point que son entourage n'arrivant plus “à suivre” ses déplacements, s'organise bientôt en “fanclub” pour financer les voyages…
Le BM X aux JOPour autant, Mickaël Deldycke n'a pas attrapé la grosse tête. Les amis, la famille, le plaisir avant tout, ce
sont ses valeurs sûres. Avant il travaillait à l'usine pour financer sa carrière « c'était dur », mais depuis deux ans, la ville du Tréport l'a embauché comme animateur sportif. Entraîner les gamins, leur donner le goût du vélo, en virtuose de l'acrobatie, bien sûr ça lui plaît, quand il ne s'entraîne pas lui-même ; avec désormais une seule idée en tête : un nouveau titre de champion du monde cette fois en VTT. Pour cela, il a dû arrêter le BMX… définitivement ! Enfin, pas si sûr… « Aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, le BMX sera pour la première fois discipline olympique », rappelle-t-il, déjà avec gourmandise.