Sur sa vie, ses attaches avec la mer, dans le sillage d'un père capitaine au long cours, il a tout dit dans Un homme à la mer comme si les dés étaient jetés, l'affaire entendue. Ce qui le passionne, c'est plutôt ce qui se passera demain, ouvrir le champ des possibles, se laisser conduire par la destinée, s'enrichir des rencontres. Chez Olivier Frébourg, sommeille une âme d'explorateur « Je voulais être journaliste », se souvient-il, façon pudique pour lui de dire “écrivain”.
Lointaines latitudesIl mettra sa plume au service du grand reportage, pour Géo, Vogue, tout en menant carrière aux Éditions du Rocher, puis à la Table Ronde ; dans le même temps, il publie une dizaine de livres, racontant ses passions littéraires, ses voyages, son amour des ports « où se trafique le plus beau roman de l'humanité », écrit-il. Plusieurs années d'escale à Paris n'ont jamais pu effacer le souvenir de son enfance dieppoise, tournée vers le large. « Cela faisait quelque temps que je songeais à revenir ». Pour retrouver sa liberté, il créée en 2004 sa propre maison d'éditions qu'il baptise comme un poème de Blaise Cendrars, “Équateurs”, un nom qui respire les lointaines latitudes, figure une ligne imaginaire qui pourrait être celle de l'écriture. La première année commence sur les chapeaux de roues avec quelques beaux succès très médiatisés. L'inspecteur se met à table de Pascal Rémy sur les dessous du guide Michelin ou la publication du rapport de la commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre, un pavé de 500 pages qui fait du bruit dans le landerneau. Depuis, il a noué des liens privilégiés avec de nombreux écrivains : Sylvain Tesson, Flore Vasseur, Jean Bulot, Franck Boitelle....
12 à 15 livres par anLa seule curiosité, c'est ce qui fait avancer sa barque, non sans mouiller parfois sa chemise : « Un éditeur est aussi là pour donner la parole à ceux qui ont besoin de s'exprimer ». Et s'il peut au passage, « valoriser sa Normandie, une des régions les plus riches dans le domaine de la littérature », il le fera ; mais sans tomber dans le “régionalisme”. « Je suis plutôt un éditeur “en région” », corrige-t-il. Une simple affaire de géographie en somme. Sur les 3 à 5 manuscrits reçus par jour, il choisit la qualité avec 12 à 15 livres publiés par an, en se limitant aux registres de l'actualité, du polar et bien sûr du voyage. De son bureau ouvert sur le jardin, il pourrait entendre la mer, tirer un trait sur l'horizon qui le relierait à Saïgon. Entre Paris et le vaste monde, il a peut-être atteint son point d'équilibre, ici, dans son nouveau port d'attache de Sainte-Marguerite sur mer, aux portes de l'océan.