Quand le printemps arrive, toutes les raisons sont bonnes pour disparaître dans la nature et l'été, c'est chaque soir une bonne demi-heure pour tout arroser. En plus de son métier de pharmacien, Thomas Renard, 35 ans, collectionne les petits arbres en pots avec aujourd'hui près d'une trentaine de bonsaïs, des conifères, des feuillus, des aubépines, des azalées… éparpillés autour de sa maison de Fontaine-La-Mallet et une centaine d'arbres en culture. « C'est une bonne façon de s'échapper après le travail ! », lance-t-il en souriant. Il tente d'expliquer sa passion : « J'ai vécu mon enfance en appartement au Havre, j'ai peut-être eu un manque ! » Toujours est-il que ces vénérables ancêtres, tenant à peine dans dix centimètres de terre, le fascinent : « Je trouve ça beau », reconnaît-il sans chercher d'autres raisons. Il y a sept ans, il commence comme tout le monde avec un petit pin acheté en supermarché puis se plonge dans les livres et peu à peu découvre cet art né il y a près de mille ans en Chine, puis exporté au Japon. « Réaliser un bonsaï n'est pas compliqué, ce qui est plus difficile c'est son esthétique. Il y a toute une philosophie derrière, la recherche de la beauté et de l'équilibre en ne gardant que l'essentiel », explique Thomas Renard qui suit depuis à Rouen les cours d'un maître japonais. La culture du bonsaï a d'ailleurs fini par rejoindre son autre passion pour l'art asiatique. Revenant à peine d'un voyage de trois semaines au Japon, il est encore sous le coup de l'admiration : « On voit là-bas des arbres extraordinaires, de 200 ou 300 ans, chacun porte la marque d'un artiste ». Quant à lui, il n'est pas revenu non plus les mains vides, profitant du voyage pour compléter sa collection : un beau pin blanc à double tronc… et de plus de cinq
ans son aîné. Thomas Renard est président de l'Association Havraise du Bonsaï.