Bien sûr, il est allé voir le dernier Alien vs Predator
« pas pour le scénario, mais pour les “bestioles” ».Verdict mitigé :
« pas assez de lumières », lâche-t-il en bon connaisseur. Dreadlocks et regard bleu juvénile, Alexandre Nicol travaille depuis trois ans dans les coulisses du cinéma fantastique, sous les néons de son atelier rouennais qu'il partage avec deux autres artistes.
Une lourde porte en bois où est écrit “L'Atoll”, qu'il suffit de faire rouler pour pénétrer dans son antre : là, sur les étagères, un bestiaire de statuettes en plastiline traîne au milieu des pots de latex, d'alginate ou de silicone, d'un bric à brac d'outils à sculpter. Au centre trône une tête de guerrier
« mon travail en cours », présente-t-il, et sur le côté, son bouclier à peine ébauché. Les pièces les plus abouties, elles, ont déjà été remisées au grenier : un monstre de deux mètres, un torse bleu de brute vampiresque au bras qui sanguinole :
« mon projet de fin d'études », commente le jeune artiste.
Fan de GodzillaC'est quand subitement, l'idée lui est parue évidente qu'il allait se spécialiser dans les effets... spéciaux, qu'il 92est allé frapper à la porte d'une école de maquillage parisienne :
« j'ai appris les bases, mais pour le reste, c'est essentiellement du travail personnel », confie Alexandre Nicol.
La passion lui a servi de moteur.
« Jurassic Park, Les Gremlins. J'ai toujours aimé le cinéma fantastique ». Il commence par reproduire des petites figurines, des
« bidouillages de plaies », puis ses premiers moulages de visage
« avec mon frère comme cobaye ! », se souvient-il ; se documente, décortique les making off, valorise son expérience en collaborant à des films d'étudiants, des courts-métrages. En 2007, Alexandre Nicol est parmi 60 jeunes sélectionnés par le ministère de la jeunesse et des sports pour aller au Festival de Cannes et commence à prendre des contacts. Vieillir à la demande, transformer votre tête en zombie, version “gore”, trafiquer des prothèses rongées de plaies suintantes : il sait faire. Mais ce qui l'intéresse surtout, c'est d'inventer des créatures.
« Entrer peu à peu dans leur vie, les imaginer dans leur environnement et peut-être même leur histoire ». Aujourd'hui, Alexandre Nicol cherche des financements pour monter son projet personnel : le tournage est prévu en septembre et cette fois ce sera lui le réalisateur. Il compte dessus pour enrichir son book et franchir une nouvelle marche, en France ou aux États-Unis
« ici le cinéma fantastique est trop peu développé », regrette-t-il. À part Patrick Tatopoulos, SA référence, le maître ès effets spéciaux d'Underworld, Hellboy, et surtout de Godzilla dont il est fan au point d'avoir un petit pincement au coeur quand il meurt à la fin ;
« plus que pour Di Caprio dans Titanic ! », avoue-t-il.
ContactAlexandre Nicol -
www.phoenix-effect-studio.comTél. : 06 78 94 07 92