Sur la place centrale d'Aumale, se trouve la devanture de l'horlogeur : exhumé des vieux dictionnaires, le mot inévitablement intrigue. « Je suis fabricant d'horloges, à ne pas confondre avec l'horloger qui répare », précise-t-il. Nuance.
Connu à quelques lieux à la ronde, Michel Descamps a fait de sa spécialité la “grande horloge”, l'horloge de parquet autrement dit et plus précisément,... l'horloge de Saint-Nicolas. Produit à seulement quelques milliers d'exemplaires et cantonné à la région de Saint-Nicolas d'Aliermont, ce mécanisme entièrement artisanal est un petit bijou de précision : coincé entre deux plaques de laiton et très ramassé, il est constitué de près de 200 pièces et a cette particularité d'être doté d'un balancier court ce qui explique la forme étroite de l'horloge : « Tout dans la tête ! », résume Michel Descamps en ouvrant machinalement le hublot de verre.
AutodidacteIl tombe le bleu de travail et commence son histoire ; raconte comment sa passion est née un jour en démontant le réveil de son frère... comme tous les enfants ; puis il nous parle aussi de son “autre vie”, quand il était sur les routes, commercial pour une entreprise textile ; et ce coup du hasard : « un jour, un ami m'a parlé d'un atelier de fabrication et de restauration d'horloges à céder à Aumale ». Le projet le séduit... « À quarante-huit ans, J'ai commencé en autodidacte à fabriquer des horloges ». Il rachète le stock de pièces de l'entreprise Lambert qui vient d'abandonner définitivement la fabrication de la Saint-Nicolas « depuis, je travaille toujours avec », note Michel Descamps en ouvrant une rangée de tiroirs bourrés de rouages minuscules.
Au-dessus de la boutique cadeau tenue par sa femme, une pièce d'exposition présente les modèles. Beaucoup d'horloges comtoises en attente mais toujours dans le lot : une Saint-Nicolas. « Je monte les pièces, assemble le mécanisme ; pour le reste, le bois, le verre..., je me suis surtout entouré de compétences », explique- t-il. Certains disent que l'horloge se porte mal, mais lui, croit à son avenir : en 1999, il crée avec le soutien de l'Anvar (Agence nationale pour la valorisation de la recherche) une version contemporaine très remarquée de la Saint-Nicolas, au dessin épuré, baptisée “Méline”, du nom d'un ruisseau d'Aumale ou contraction d'Amélie et Céline, ses deux filles.
Puis récemment la “Verrine” qui lui vaut le titre de lauréat départemental de la Société d'encouragement aux métiers d'art. Depuis qu'il songe sérieusement à sa retraite, sa priorité est maintenant de transmettre son savoir-faire, de donner un sens à toutes ces années de travail, et désormais le temps presse : « Ce serait tout de même dommage de voir disparaître un mécanisme qui existe depuis le XVIIe siècle et sur lequel tant de gens se sont usés les yeux ! ».
>
L'Horlogeur d'AumalePlace des Marchés - 76390 Aumale.
Tél. : 02 35 94 06 27 ou
www.horlogeur-aumale.com