Sur la façade rouge brique, elle a laqué sa devanture d'un audacieux rose Barbie, sorti de ses cartons ses secrets de petite fille, tout un trésor de poupées de porcelaine et de celluloïd, de chevelures choucroutées, de dentelles et de rubans, de robes froufroutantes, de joues rebondies et de regards riboulants qui vous sautent au cou comme des souvenirs d'enfance. En écumant les foires à tout, les salons professionnels, Blandine Alix a constitué au fil des années une collection de près de 600 poupées, du petit Colin des années 40 à la poupée mannequin.
Poupées d'aujourd'hui
« Chaque poupée porte en elle un souvenir », de la fillette à la grandmère, c'est sa façon de donner du rêve aux gens. Même si de son côté, Blandine Alix a déjà choisi son camp « Je préfère franchement les poupées d'aujourd'hui. Elles sont plus expressives, on sait toujours ce qu'elles pensent ». Ainsi, alors que d'autres musées en France se sont penchés sur le berceau de la poupée ancienne, elle, a privilégié d'emblée la poupée contemporaine : poupon Bella en polyéthylène des années 70-80 et poupées Corolle pour les nouvelles générations, archétypes de la poupée d'enfance ou poupées mannequin avec une très belle collection de poupées Barbie dans les rôles de Scarlett O'Hara, de Marylin Monroe, de Marlène Dietritch ou de Greta Garbo et une garde-robe taillée sur mesure par les plus grands couturiers. Enfin, Blandine Alix se passionne plus encore pour la poupée d'artiste, la pièce unique, celle qu'on contemple à défaut de pouvoir y jouer, « des créations magnifiques comme celles d'Annette Himstedt, de Philip Heath ou les poupées mannequin de l'Américain Robert Tonner». Portraits de fillettes plus vrais que nature, enfantines messagères des cultures du monde : «c'est un véritable art vivant !» s'enthousiasme Blandine Alix.
Stages de créationQuelques mois après l'ouverture de son musée, déjà les projets se bousculent : après une exposition prévue au printemps au musée national de la poupée de Monaco, elle envisage d'ouvrir le deuxième étage pour exposer ses poupées d'artistes et créer des mises en scène. « On prendra l'avion, on se promènera dans le désert… », promet-elle. Enfin, elle avoue faire elle aussi ses premiers pas dans la création : « Depuis quelques mois, je suis des stages à Amboise dans l'atelier de Pierre Durdilly (créateur de nombreuses poupées Corolle) », explique Blandine Alix tout en montrant sa première oeuvre «réalisée à partir d'un simple fil de fer ! ». Déjà elle pense à la prochaine et pour plus tard un croisement de poupon et de poupée mannequin : « allier l'enfance et la féminité, c'est un peu la poupée
idéale ».