Elle rêvait d'être maître d'hôtel ; éblouie par le côté “étincelant” du métier. À 32 ans, Céline Collet est aujourd'hui la seule femme sommelière de Normandie. Pourtant rien ne semblait la destiner à ce métier : « La culture du vin ne faisait pas partie de nos traditions familiales ». Mais avec une mère aux ascendances polonaises qui mitonne à merveille et un père qui lui fait renifler tous les effluves de la nature, Céline Collet part avec une sérieuse longueur d'avance question références olfactives : « J'ai tout senti, la forêt, les fleurs, les arbres ». Après une formation en école hôtelière, puis une spécialisation en sommellerie, elle enchaîne les concours, empoche le prestigieux Trophée Ruinart de meilleure jeune sommelière pour les régions Nord Pas de Calais, Picardie, Champagne Ardennes et excelle dans les dégustations : « J'aime bien le côté un peu mystérieux de l'exercice, cette tension qui ajoute au plaisir de la découverte ». À 26 ans, elle décide ensuite de s'installer avec son mari, rencontré au cours de ses études. Lui aux commandes des fourneaux, elle en salle. Avec en stock quelque 160 références, Céline Collet conseille à ses clients les vins selon la saison, en sortant de préférence des grandes étiquettes, « des vins affectifs à prix doux ». Elle aime les vins d'Alsace et les vins du pays de Loire « d'une grande variété » avec un petit faible pour le vin jaune du Jura. Mais elle leur parle aussi du terroir et du choix du viticulteur : « Les gens sont aujourd'hui de plus en plus curieux ». Le visage doux, cachant un tempérament de feu, elle avoue cependant « Au début, les hommes avaient du mal à faire confiance à une femme pour ce qui est du choix du vin ». Aujourd'hui, ils lui laissent carte blanche.