D'abord ce sont des barres de métal, des circuits électriques, des pièces de menuiseries, un petit moteur enfin et le rêve qui se met en marche : un pingouin venu du grand nord, un enfant esquimau ou un ours de noël, les bras chargés de rouge et d'or, des regards tendres, des postures joyeuses. Il y a ceux qui bougent la patte, ceux qui respirent, remuent la queue, ceux qui dodelinent nonchalamment de la tête. Que des peluches grandeur nature « c'est plus impressionnant », du petit chiot dans son panier à l'éléphant ou au dromadaire, plus encombrant dans le camion. Tous attendent sagement dans l'atelier leur destinée, les uns rôdant leur mécanique, les autres, l'oeil fixe, sous leur emballage plastique. Avec 270 références au catalogue, près de 800 automates fabriqués entièrement artisanalement vendus chaque année, et autant en location, l'entreprise s'est désormais fait une réputation dans le monde entier.
Décorateur étalagisteL'histoire de Michel Taillis a commencé par des dessins et des maquettes d'enfant puis une orientation à contrecoeur vers le dessin industriel. Parallèlement, il suit en cours du soir les beaux-arts de Rouen puis décroche un poste de décorateur étalagiste aux Nouvelles Galeries, métier qu'il exercera pendant vingt ans. « C'est quand le magasin de Brest a fermé, et que je me suis retrouvé licencié économique que j'ai décidé de monter en 1992 ma société », raconte-t-il. Passionné depuis longtemps par la confection d'automates, il commence par se lancer dans la réalisation de tableaux animés. Lorsqu'il rencontre au salon du jouet de Nuremberg un fabricant de peluches : Michel Taillis tombe en arrêt devant une série de braques allemands : « j'ai acheté toute la famille ! ». De retour chez lui, il entreprend de les animer et les présente cette fois au salon du jouet à Paris.
La magie des automates L'effet est immédiat : les commandes ont suivi et n'ont plus cessé depuis : veaux, vaches, cochons, chiens, loups, ours, oiseaux, singes, animaux exotiques, à part les poissons… qui vivent dans l'eau ! Toute la gente animale a été passée en revue. Il conçoit, dessine, réalise les mécanismes et même certaines peluches lorsqu'elles ne peuvent être fabriquées à l'extérieur. Sous les néons des grands magasins et des centres commerciaux, il transporte la magie de ses automates, en France et à l'étranger : « les Anglo Saxons sont très férus », mais également dans une cinquantaine de pays sur tous les continents. Avec quelques commandes spécifiques : 150 automates pour les vitrines de Main Street à Disneyland Paris, un Obélix géant présenté à Bruxelles pour la sortie du dernier Astérix. Prochainement il doit monter un château de 15 mètres pour un centre commercial en Belgique et travaille sur une meute de chiens de traîneaux… dernière main… à la “patte”, dernier petit coup de peinture et tout sera fin prêt pour Noël.