Il arrive parfois que le destin dérape ; même à Marville où le cours de l'existence semblait pourtant si paisible. Une mort mystérieuse, une violence inhabituelle et la psychose s'installe… Marville, c'est Dieppe, le cadre de vie tout simple de gens ordinaires, en toile de fond de tous les romans d'Yvonne Besson. Une ville où tout irait bien s'il n'y avait la crise, le chômage, quelques souffrances rentrées et la psychologie des hommes qui s'embrouille. Chaque intrigue est construite avec la rigueur d'un métronome, préparant le lecteur à l'entrée en scène du personnage principal : le commandant Carole Riou, femme flic volontaire et attachante par ses petites failles, ses doutes.
Baignée dans les livresPour Yvonne Besson, la passion pour les lettres était presque une seconde nature. À 6 ans, elle écrit dans le secret de sa chambre son premier roman. À 7 ans, se plonge dans les classiques chaudement recommandés par sa maman professeur de lettres, et à 8 ans, écluse le reste dans l'arrière-boutique de son papa libraire. Baignée dans les livres depuis sa plus tendre enfance, Yvonne Besson a embrassé comme prévu la carrière de professeur de lettres et tôt ou tard devait finir écrivain. Mais entre quelques lignes jetées avec la rage de l'enfance sur un cahier d'écriture et la sortie de son premier polar Meurtres à l'antique, plus de 40 ans se seront écoulés. « Je suis toujours restée sur une vieille frustration », avoue-t-elle. À 46 ans, elle décide donc de reprendre le chemin des études et prépare un DEA sur Louis Guilloux puis enchaîne avec une année sabbatique : « sans savoir ce que j'en ferai précisément ». Une thèse ? Un roman ? Finalement, à 50 ans passés, Yvonne Besson tente l'aventure du polar « J'ai toujours adoré l'algèbre, la résolution de problèmes ». Fascinée dans ses jeunes années par le policier anglais et Agatha Christie en particulier, Yvonne Besson puise désormais ses influences chez des auteurs comme Henning Mankell, David Peace, Andrea Camillerise et forge un univers très personnel : « Je suis partie d'une simple idée d'adapter le policier anglais dans un contexte
français », mais au fil du temps, elle noircit son écriture, évolue vers un regard de plus en plus politique : « Je voulais raconter des secrets de famille, ancrer mon roman dans la vie quotidienne provinciale, une certaine réalité sociale ». Yvonne Besson aime les atmosphères qui deviennent doucement pesantes, les vies trop lisses qui basculent vers des petites histoires sordides. C'est son plaisir de sentir les idées peu à peu germer dans sa tête jusqu'à devenir “obsessionnelles”. L'écriture tombe alors sur le papier comme un fruit mûr. Au rythme d'un polar tous les deux ans : le cinquième ne devrait plus tarder…