En surfant sur Internet, elle a attrapé la scrappite aiguë, un virus venu tout droit des États-Unis qui fait aujourd'hui un carton dans le milieu des loisirs créatifs. À 48 ans, la Gravenchonnaise Françoise Dhermy, ancienne professeur des écoles est devenue scrapbookeuse, on dit aussi scrappeuse ; bref, une inconditionnelle du scrapbooking. L'activité - vite envahissante - consiste à réserver ses plus belles photos pour les découper, les habiller de papiers, tissus, dessins, petits commentaires cachés dans des enveloppes secrètes, fils de fer, boutons, rubans, rivets, petits bouts (ou “scraps”) récupérés ici ou là et autres “scrapbidules”. « C'est une lecture personnalisée de l'image, une mise en scène théâtrale », explique Françoise Dhermy. Finis les pages sans âme, les pochettes standard, les albums catalogues. Le scrapbook est un hybride entre le carnet intime et le livre de voyages. Pour pratiquer, il suffit d'avoir l'oeil,
un bon coup de ciseaux et un solide sens de l'humour. L'imagination fera le reste. « Je me suis formée essentiellement sur Internet », raconte Françoise Dhermy qui tient aussi son blog et avoue passer des heures à t'chater sur les forums entre “scropines” : « Nous échangeons des idées, participons à des concours, à des swaps (exercices collectifs) ». Et tous ceux qui s'y sont frottés, finissent par se piquer au jeu. C'est artistique, convivial. Le scrapbooking touche à l'affectif, à la transmission des souvenirs ; même si la photo n'est plus l'unique support : « Finalement, on peut scrapper sur ce que l'on veut, un porte-crayons, un paquet cadeau pour Noël, une pochette de disque ; le sujet est inépuisable », sourit Françoise Dhermy, aujourd'hui plus que jamais démangée par le démon du scrap…