« Être en l'air, être libre ». En une phrase, Jean-Marie Dubois a résumé sa passion : voler. « Tout gamin, je construisais des modèles réduits. » À la trentaine, ce Havrais décide de tenter l'aventure,… grandeur nature. « Un jour, je vois à la télévision une aile delta : j'ai eu le déclic. Être en l'air et être libre en l'air, sans moteur » : après s'être formé au pilotage avec un ami, il suit son idée et réalise son rêve. L'expérience aurait pu s'arrêter là si ce n'est que les jours sans vent, cloué au sol, le rêve continue. Alors, il décide d'installer un petit moteur sur son aile delta. « Nous sommes au début des années quatre-vingt, à l'époque des premiers ULM. » Partant du principe que tout s'apprend, il se lance dans la construction, avec la rigueur inhérente à cette discipline. Il conçoit son premier biplace, puis un deuxième, plus confortable. « Un simple chariot monté sous une aile. » En langage spécialisé : un ULM pendulaire, à ne pas confondre avec l'ULM trois axes, plus proche du petit avion. « Mon dernier bébé », présente-t-il. Cinq ans et 1 500 heures de travail ! Même si sa préférence va toujours au pendulaire : « J'aime être à l'air libre. On a le temps d'observer le paysage. » En l'an 2 000, il fait le tour de France en ULM, survole les châteaux de la Loire, Chenonceaux, Chambord… Vue d'en haut, la terre est imposante. Mais il aime aussi le soleil couchant sur les falaises de la côte d'Albâtre, ses innombrables variations de lumière. Après un grave accident et à l'âge de la retraite, Jean-Marie Dubois avoue s'être calmé « disons que je choisis mes moments pour voler. » Avec le recul des années, il a conscience d'avoir fait partie des pionniers, donné le petit coup de pouce pour aider l'ULM à décoller et puis s'est fait une raison « après tout, maintenant, je suis un constructeur du siècle dernier. »