« Le bonheur total ». Voilà ce qu'une jeune nageuse de 13 ans peut éprouver quand elle remporte sa première médaille d'or en championnat de France dans sa discipline favorite : la palme. Après 14 médailles, une carrière éclair qui culmine avec une médaille d'or en relais 4 x 3000 mètres junior filles en septembre dernier aux championnats du monde, Sophie Bénard, gravenchonnaise de 17 ans, ne
pourra jamais oublier ce premier moment d'euphorie. Le sourire large, l'oeil lumineux, à l'aise dans son survêtement de l'équipe de France, elle nous raconte comment l'idée de ce sport atypique lui est venue. « Par hasard. Ma mère et ma soeur cherchaient un sport pour s'entretenir ».
Et puis, c'est elle qui a signé. « Pourtant, je n'avais pas le profil d'une sportive » , reconnaît-elle. Mais au bout d'un an, Sophie est remarquée et se lance dans la compétition, au rythme de trois entraînements d'une heure et demie par semaine. « Nager avec une palme est un mouvement très harmonieux, le meilleur remède contre la déprime ! On ne pense à rien d'autre ». Les bras tendus vers l'avant, le corps est propulsé uniquement par ondulations des jambes, porté par une « agréable sensation de glisse ». « C'est très libérateur », admet-elle, mais il faut compter aussi avec la douleur. « Pour progresser, il faut se faire mal. Je me suis toujours donnée à fond ». Et avec les études, le sport de haut niveau ne fait pas toujours bon ménage. « Cette année, j'arrête », a-t-elle fini par décider.
Pour autant, elle conseille l'expérience. La passion crée des liens et c'est une bonne façon de sortir de sa coquille. Depuis, Sophie Bénard cherche un nouveau sport, histoire de s'entretenir ; autre chose que la nage avec palme bien sûr. Puis, elle ajoute, réflexion faite : « qui sait, peut-être que je reviendrai quand même un peu à la piscine… »