« Je suis un homme de lettres », mais… « pas un écrivain », s'empresse- t-il d'ajouter. Pourtant trois ans après avoir rendu sa casquette de postier, Robert Cottard peaufine son premier ouvrage intitulé “Les Calendriers” ou les souvenirs de tournée d'un postier dans la campagne du Pays de Caux, pourrait-on préciser. Sans prétention aucune, mais avec un “dilettantisme appliqué” et si possible « en déclenchant quelques sourires », Robert Cottard a couché sur deux cent quarante pages le meilleur de ces quelques trente années passées à tirer les sonnettes. Une série d'anecdotes en forme de nouvelles, avec pour fil conducteur : la distribution des fameux calendriers en papier glacé. Pour le postier, ce moment « c'est un peu le résumé d'une année », l'occasion de faire le bilan. « Pour le “client”, c'est l'expression du lien affectif qu'il entretient avec son facteur. Quand on apporte le calendrier, les gens pensent qu'on a le temps », raconte l'ancien postier avec son léger accent du pays. Le temps de s'asseoir, de discuter le coup, de partager le pain de dix heures. Il rêvait son métier comme un film de Jacques Tati, d'une maison à l'autre, toujours bien accueilli. « Certains nous guettent. Ils n'ont que le facteur à qui parler ». La solitude des gens, les querelles de famille, les repas généreux, les mariages et les communions, il a tout observé, à force de trimballer sa sacoche. Mais aujourd'hui, Robert Cottard est à la retraite et cette fois, c'est le nouveau facteur qui vient de sonner à sa porte. Pour lui apporter, devinez quoi ? Le calendrier bien sûr.